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Les spécificités de l’Aïkido par Christian Tissier

J'ai pu lire dernièrement une interview intéressante du grand maitre français Christian Tissier (7ème Dan) paru au Tsubaki Journal et dans laquelle vous pouvez découvrir des éclaircissement sur l'originalité de l'aïkido par rapport aux autres arts maritaux, l'intérêt du travail des armes, ainsi que l'avis du maitre Tissier sur plusieurs grand maitres d'aïkido.

Voici quelques extraits de l'interview...

Quelle est selon vous la spécificité de l’Aïkido, qu’est ce qui le démarque des autres pratiques martiales ?
Il y a plusieurs points distincts. D’abord il y a le côté éducatif. L’Aïkido est un système d’éducation avec un support qui est l’art martial.
Ensuite il y a le côté technique. En Aïkido il y a des principes et des qualités. Les qualités sont plus du domaine de l’inné alors que les principes sont du niveau de l’acquis. Les réflexes sont une qualité, on l’a tant mieux, on ne l’a pas, tant pis. Le shisei par contre est un principe. La vision, la distance qu’on résume par ma-aï, c’est un principe. La recherche d’efficacité maximum avec le minimum d’efforts est un principe. Pour que l’Aïkido fonctionne il faut donc que tous ces principes soient présents. Plus ils le seront, plus la technique tendra à la perfection.

Le point important différenciant l’Aïkido de la plupart des arts martiaux est que les principes sont les éléments essentiels d’une technique et ne peuvent pas être remplacés par le travail des qualités. On ne peut pas se satisfaire d’une technique qui marche de manière relative grâce aux qualités physiques que sont la force ou la rapidité.

Il y a enfin l’aspect spirituel. Nishio disait que l’Aïkido était le yurusu Budo, le Budo du pardon. Et c’est ça, plus encore que tout le reste qui est une spécificité de l’Aïkido. La notion de respect de l’intégrité. La sienne bien sûr, mais surtout celle du partenaire.

La recherche de l’Aïkido est celle du geste pur en dépit des contraintes que sont les attaques des adversaires dans le respect d’une éthique aux aspirations élevées. Car même si la plupart des Budo préconisent de n’agir que pour se défendre, l’idée de le faire en préservant son partenaire est spécifique à l’Aïkido.

Est-ce que vous considérez que le travail des armes fait partie intégrante de la pratique de l’Aïkido ?
Fondamentalement, non. Mais je vais développer mon point de vue. A l’Aïkikaï comme vous le savez il n’y a pas de cours d’armes, point final. Il y a quelques bokkens si on veut faire quelques suburis mais il ne faut pas en faire trop et surtout éviter de travailler à deux.

Mais moi j’ai toujours été très intéressé par l’esprit du ken, cette façon d’aller droit dans l’action spécifique du kenjutsu, non circulaire. Et j’ai eu la chance d’être formé en kenjutsu par Inaba senseï au Shiseïkan.

Mais je ne considère pas qu’il est nécessaire de faire des armes pour faire de l’Aïkido. C’est bien d’en faire aussi dans la mesure où c’est un support ludique qui apprends à gérer une autre distance. Mais on peut en dire autant de la boxe ou des disciplines pieds-poings. Ce sont des supports qui peuvent apporter quelques chose, qui sont intéressants qui mais ne sont pas l’essence de l’Aïkido.

J’enseigne toujours le ken dans les stages d’une semaine parce que ça intéresse beaucoup de monde mais c’est un plus, ce n’est pas l’essentiel. Je n’ai rien contre ceux qui développent des systèmes d’armes, mais l’Aïkido c’est l’Aïkido. Les armes ça peut en faire partie mais on peut très bien avoir quelqu’un qui n’a jamais fait de ken de sa vie et qui fait de l’Aïkido correct avec exactement les mêmes sensations.

Est-ce que vous pensez que l’Aïkido doit évoluer dans sa forme et ses techniques ?
Oui, comme toute chose, un Aïkido qui n’évolue pas c’est un Aïkido mort. En Aïkido les techniques de base sont des katas. Et il est indispensable que tout le monde apprenne ces bases fondamentales. Ensuite il y a les applications. Et à partir de là, et bien heureusement, il y a des gens qui vont aller toujours plus loin. Qui vont créer, inventer, avoir une idée plus fine de la chose et la faire évoluer. C’est pour ça je pense que Osenseï n’a jamais dit que l’Aïkido était fini.

Quand je vois ce que des gens comme Yamaguchi senseï ont amené à l’Aïkido au niveau de la liberté je trouve ça exceptionnel. Si on part comme certains du principe que « Mon professeur était le meilleur, et moi je suis le meilleur après le professeur mais vous serez toujours moins bons que moi. », où arrive-t-on au final, ça n’a pas de sens.

Il faut bien sûr être très rigoureux sur les bases et les principes mais toute chose évolue, c’est un processus naturel et il n’y a pas de raisons que l’Aïkido ne le suive pas.

NB: Pour lire l'interview en intégralité : cliquez ici
Pour voir la liste de DVD et livres de Tissier : cliquez ici
Site Officiel de Tissier : http://www.christiantissier.com/

Les 7 ... 7ème Dan français :
Il existe sept 7è Dan français :
- Christian Tissier,
- Franck Noël,
- Mariano Aristin,
- Paul Muller,
- Bernard Palmier
- Alain Guerrier,
- Patrick Bénézi,

Auquels nous pouvons encore ajouter Gérard Sachs, 7è Dan vivant au Japon.


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